TABLE DES MATIERES
A – PRESENTATION de DE KOONING et PICASSO -ce qui les rassemblent …........….PAGE 3
B - PICASSO A INSPIRE DE KOONING......................................................................... PAGE 4
C – THEME DE LA CRUCIFIXION PICASSO- DE KOONING.......................................PAGE 4
*C1- CRUCIFIXION 193O-1932 PICASSO.................................................................PAGE 9
C1-1 - DESSIN -PORTRAIT DE STRAVINSKY................................................PAGE 11
*C2- CRUCIFIXION DE DE KOONING et LEG WOMAN IN THE LAND........... .PAGE 13
C2-1 -Crucifixion de WILLEM DE KOONING…………….....................….... PAGE 13
C2-2 – Tableau «LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE » et CRUCIFIXI.....PAGE 18
C2-2-1 – Description LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE… ......... PAGE 18
C2-2-2 - Crucifixion dans LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE ..... PAGE 22
CONCLUSION ..........……PAGE 25
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WILLEM DE KOONING-PABLO PICASSO
"LA CRUCIFIXION"
THEME COMMUN A 2 TABLEAUX
INEDITS DES DEUX PEINTRES
-DESSIN PORTRAIT DE STRAVINSKY de
1938
-TABLEAU « LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE » de 1971
A –
PRESENTATION DE DE KOONING ET PICASSO ,
ce qui les rassemblent
De la même manière , en apprenant qu’une exposition était en
préparation à NEW YORK pour une ouverture en NOVEMBRE 2023 dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de PICASSO sur le thème
« LES ECHOS DE PICASSO »
Cette exposition organisée par les galeries ALMINE RECH,
dont le commissaire est Eric TRONCY met en relations l’art moderne de Pablo PICASSO- Willem DE KOONING et Françis
BACON avec des artistes phares de l’art contemporain.
j’ai réalisé une
étude comparative entre les deux
tableaux inédits « LEG WOMAN IN THE LANDCAPE » présumé de DE
KOONING de 1971 et le portrait de
STRAVINSKY par PICASSO de 1938 avec les autres tableaux de DE KOONING et PICASSO . Il s’avère qu’un thème commun saute aux
yeux pour ces 3 peintres et pour les deux œuvres inédites que je vous soumets qui est la « CRUCIFIXION ».
Je vais donc bâtir cette étude sur le socle de la CRUCIFIXION
les deux peintres DE KOONING et PICASSO ont
pris leur essor dans la peinture en quittant leur pays d’origine .
DE KOONING né en 1904 a quitté son pays d’origine la
HOLLANDE pour s’installer en Amérique clandestinement en 1926 et PICASSO ,Espagnol
,né en 1883 s’est installé en France à partir de 1901 .
Tout deux ont émigré sans un sou en poche. Ils ont commencé par la misère dans
leur pays d’adoption et ont connu la gloire et la reconnaissance ensuite. Tous
les deux ont voulu se démarquer de leurs collègues peintres et n’ont pas suivi
le chemin où on voulait les engager.
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Malgré la tendance à l’abstraction du début du XXème siècle
, ils sont restés plus figuratifs qu’abstraits. Tous les deux ont réalisé des
œuvres qui ont révolutionné l’art moderne avec comme emblème « LES
DEMOISELLES D’AVIGNON » pour PICASSO et « WOMAN1 » pour DE
KOONING. Avec ces deux œuvres respectives ils ont connu le rejet puis ensuite
la reconnaissance.
On pourrait continuer ainsi en trouvant des points de convergences
entre ces deux artistes essentiels du XXeme siècle.
B-
PICASSO a inspiré DE KOONING
PiCASSO étant l’aîné d’une vingtaine d’années par rapport de DE KOONING , c’est DE KOONING qui découvrit PICASSO . Les nombreuses illustrations qui ont traversé l’atlantique, publiées dans la revue d’art Française « Les cahiers d’art » et dans « document » tenaient DE KOONING informé de la progression de PICASSO .
DE KOONING avait certainement vu l’exposition « PICASSO
FORTY YEARS OF HIS ART » inauguré en 1939 au MUSEUM OF MODERN ART par le fameux directeur qui mettait en valeur
l’art Européen « ALFRED H BARR
jr » .DE KOONING avait
qualifié cette exposition de stupéfiante
.
Il avait été étonné par les mélanges d’abstraction et de
figuration des œuvres de PICASSO ainsi que par la violence si caractéristique
du travail de PICASSO des « DEMOISELLES
D’AVIGNON » jusqu’à « GUERNICA »Il
s’en est sans doute inspiré pour ses tableaux des « WOMAN »
des années 40 et 50 . Plus tard on retrouve le biomorphisme de PICASSO
dans les tableaux de DE KOONING
et le tableau inédit que je vous soumets « LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE « en
est un bon exemple , il est à la fois un tableau ou émerge la violence, la férocité et la mort et le biomorphisme du personnage central
C – LE THEME de la crucifixion chez
PICASSO – DE KOONING –et les tableaux inédits
« LEG
WOMAN IN THE LANDSCAPE « de 1971 et
dessin
portrait de STRAVINSKY de 1938
Pourquoi ce thème de la crucifixion est t’il si populaire
dans l’histoire de la peinture même pour des artistes comme PICASSO- DE KOONING
et BACON qui ne sont pas adeptes de peintures religieuses et qui sont très loin
d’une appartenance à une culture catholique même si PICASSO en particulier a
été élevé dans la religion catholique . Beaucoup de leurs peintures pourraient passer
pour des blasphèmes
PICASSO avait dit qu’il avait souvent eu envie d’interpréter le tableau de la CRUCIFIXION du retable D’ISSENHEIM par MATTHIAS GRUNEWALD ( FIGURE 1)mais dès qu’il commence à dessiner , cela devient tout autre chose .Les autres tableaux classiques de la crucifixion qui ont beaucoup intrigué et intéressé ces 3 artistes de l’art moderne ce sont les tableaux de CIMABUE ( FIGURE 2). Les 3 artistes soulignent par leurs peintures ayant pour thème la crucifixion que ce thème majeur se dérobe pour conduire à autre chose que la mort du christ sur une croix pour racheter les péchés de l’humanité et réconcilier l’homme avec DIEU.
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FIGURE 1
-RETABLE D’ISSENHEIM
FIGURE
2 - CRUCIFIXION de CIMABUE
Pour PICASSO la crucifixion , c’est la volonté de transmettre la douleur et l’angoisse de la mort d’un homme et la douleur de ceux qui restent. c’est un thème qui traverse toute la vie de l’artiste. « Les cahiers d’art » ( N°2) de 1927 reproduisent 2 crucifixions réalisées en 1926, Un 3eme dessin a été publié dans la revue « document » en 1930 dans un hommage à PICASSO. Par la suite entre mai et juin 1929, PICASSO réalise un carnet de dessins ou alternent des études sur les baigneuses à la cabine sous des formes biomorphiques ( FIGURE 3) et des études de crucifixion, préludes au tableau « LA CRUCIFIXION « de 1930 ( FIGURE 4 )inspiré du panneau central du retable d’ISSENHEIM de GUNENWALD ( FIGURE 1) .
Tableau repris en 1932 toujours inspiré du retable D’ISSENHEIM ( FIGURE 5) . Ensuite le
thème sera repris dans une petite
crucifixion de 1938 allégorie de GUERNICA ou le christ hurle dardant sa langue vers les cieux comme le faisait la femme qui pleure ( FIGURE
6).

FIGURE 5- CRUCIFIXION de 1932 FIGURE 6- CEUCIFIXION DE 1938
Ce dessin de 1938 a un caractère blasphématoire pour un
chrétien . Il nous montre un cavalier
avec sa lance à droite du tableau , une femme gueule ouverte
qui arrache les entrailles du supplicié jésus ( La vierge Marie ) et le
dévore , Une Marie -Thérèse qui
s’accroche au sexe de Jésus mais PICASSO ne se place pas dans l’optique de la
religion. Pour PICASSO dans ses crucifixions, c’est un homme qui se substitue à
DIEU et cet homme dans nombre de ses dessins ou peintures de crucifixion c’est
PICASSO lui-même et les femmes autour et
au pieds du Christ sont les femmes qui ont blessé PICASSO, c’est GERMAINE tueuse
de son ami CASAGENAS, tueuse de PICHOT ,c’est OLGA qui
harcèle, espionne et empêche de travailler PICASSO . Nous verrons que dans le
tableau LEG WOMAN IN THE LANDSCSAPE l’ombre de WOMAN 1 ( FIGURE ) alias la mère castratrice WILLEM DE KOONING est présente dans le tableau
Dans les années 50 la crucifixion se mêle aux scènes Taurines .
Nous verrons que dans
le dessin inédit , portrait de
STRAVINSKY par PICASSO de 1938, il y a du taureau touché à mort dans ce portrait ( FIGURE ) Ce dessin est aussi une allusion à une crucifixion dans la composition du portrait fait de mémoire , on peut le
comparer à la crucifixion de 1938 où STRAVINKY la bouche ouverte crie sa
douleur , Il est en train de perdre sa femme et sa fille qui mouront toutes les
deux quelques semaines plus tard après l’exécution de ce dessin
A la lecture de ce dessin crucifixion de 1938 et portrait de STRAVINSKY ( FIGURE 7) on peut considérer aussi ces dessins comme des autoportraits , Le supplicié de 1938 sur la croix et STRAVINSKY ce sont aussi PICASSO qui lui permettent ainsi d’exprimer ses sentiments très intimes , ses propres sensations et la façon dont va la vie et evènement de la base de la religion chrétienne sera un thème qu’il va détourner pour exprimer et transmettre les douleurs humaines , les angoisses de la mort et dans le cas de STRAVINSKY les douleurs de ceux qui restent.
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FIGURE 7 – PORTRAIT
DE STRAVINSKY et TETE DE CRUCIFIE DE CRUCIFIXION DE 1938
Ses « crucifixions en règle générale sous le thème principal du sacrifié, crucifié ne veulent pas exprimer un événement
historique mais des archétypes de la douleur
comme les deux œuvres ci-dessus mais aussi de la brutalité du traitement infligé par les
hommes à d’autres hommes ( Guernica, la guerre d’Espagne ) Cette
conception donne à l’artiste une forme
qui lui permet de s’échapper du contenu narratif et de se concentrer sur une évocation
émotionnelle ( GUERNICA)
Quand au tableau inédit de DE KOONING « LEG WOMAN
IN THE LANDSCAPE » de 1971 Ce tableau qui reprend sous forme biomorphique la jambe droite du tableau WOMAN1 ( etape
1) ( figure de 1950 que DE KOONING a calqué pour la composition de cette toile inédite et qui représente
les cauchemars subis par DE
KOONING , relatés dans un entretien par une journaliste qui l’avait interviewé ( J’ai fait des
cauchemars pendant longtemps un monstre
m’attaquait, un montre énorme ) où cette forme biomorphique ,
autoportrait de DE KOONING se fait dévorer par des monstres des marais et de la mer , peut être transposé aussi à une crucifixion sous jacente à cette image de cauchemar il y a le thème de la crucifixion qui vient
se greffer à ce tableau . Ce choix du thème de la crucifixion dans
« LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE » n’a donc pas été dicté par des intentions religieuses mais par le désir
de transmettre la douleur et l’angoisse de la mort. Pas tant donc la
crucifixion du christ que la mort d’un homme
( tableau inédit de DE KOONING) et des douleurs de ceux qui
restent ( portrait de STRAVINSKY) . Ce choix de la crucifixion pour des artistes non croyants permet donc de
véhiculer toutes sortes de sentiments de
sensations de violences et de
transformer le christ en autoportrait
FIGURE 8 – WOMAN 1 ( ETAPE1) et LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE
Ce thème de la « crucifixion » chez
DE KOONING a probablement pour origine
les œuvres de PICASSO sous ce thème dont DE KOONING avait certainement vu des
reproductions en noir et blanc dans les revues d’art Françaises , « cahiers
de l’art » et « document » qui circulaient dans les
milieux artistiques en Amérique dont ce groupe de dessins de 1926 et 1929 qui
préparaient directement à la peinture de 1930 ( FIGURE 9) « CRUCIFICXION
« aux couleurs vives et qui sont
dans la continuité stylistique et thématique selon un même prototype pour
satisfaire la célébration rituelle du
thème christique qui a été dévoyé comme indiqué ci-dessus
FIGURE 9 – CRUCIFIXION DE 1930 ( PICASSO)
. Ce tableau de 1930 regroupe ses dessins précédents mais PICASSO
l’a gardé pour lui et n’a été montré qu’une fois ou 2 de son Vivant. Ce tableau
a fait partie du lot d’œuvres versés à l’état Français par les héritiers du
peintre en règlement des droits de succession. DE KOONING n’a donc pas eu
l’occasion de voir cette œuvre directement inspiré du retable d’ISSENHEIM mais
il aurait pu voir la suivante de 1932 ou celle de 1938 ( FIGURE 5 et 6) très semblables dans
la composition de 1930 avec des fragments de corps biomorphiques ( 1932)tout a fait dans le style de DE
KOONING et du tableau « CRUCIFIXION" ( 1938)

C1-La Crucifixion de Picasso de 1930 et 1932 et
le dessin portrait de STRAVINSKY de 1938
C1-1 -CRUXIFICXION DE
PICASSO 1930 et 1932
Le 7 février 1930, Picasso termine « La Crucifixion » ( FIGURE 9):
récit vibrant et surréaliste de
l'histoire du Calvaire, avec la croix, les clous, les lances, les femmes en
larmes et les vêtements à partager entre les joueurs de dés.
Nous avons vu comment le choix du thème sacré n'était
pas un cas isolé dans l'œuvre de Picasso, qui l'a repris dans certains dessins
de 1932, toujours inspirés du retable d'Issenheim de Grünewald. Par la suite,
il reprendra le thème dans certaines œuvres des années cinquante, où la
Crucifixion se mêlera aux scènes taurines[1].
Le choix du thème n'a pas été dicté par des intentions
religieuses, mais par le désir de transmettre la douleur et l'angoisse de la
mort:
Pour décrire ce tableau ,Au
centre, le Christ est représenté, vêtu d'une tunique courte. Un petit
personnage rouge grimpe sur une échelle pour le clouer; un homme à cheval,
transperce le corps du Christ d'une lance disproportionnée.
Une femme (la Vierge ou la Madeleine), sans coloration, semble vouloir mordre pour défendre le corps déjà percé de clous. Sur la gauche, un monstre avec un long manteau violet est représenté, et au-dessus d'un oiseau abattu par un énorme rocher; l'oiseau pourrait symboliser la Passion et le rocher l'éponge imbibée de vinaigre.
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Les deux personnages au premier plan sont des soldats
romains jouant aux dés sur un tambour;
Les personnages de droite sont difficiles à identifier; sous
la croix, un visage de profil semble être celui de Marie-Thérèse. Sur le côté,
une figure solaire échevelée, dont la signification est inconnue, se tient
au-dessus du visage d'une femme bleue et blanche, ressemblant à la tête d'une
mante religieuse aux dents acérées ( cela pourrait être sa femme OLGA), dont
les bras jaunes s'élèvent au ciel dans un geste de supplication. D’autres
personnages sont plus difficiles à identifier
Au-delà d’une
représentation classique du calvaire , il met en scène bien des personnages
étranges. Le sacrifice devient une sorte de cérémonie initiatique,
d’exorcisme. La palette utilisée par
PICASSO est inhabituelle, des rouges, des jaunes, des verts crus composent un
ensemble de formes entremêles aux contrastes violents ( En cela ça correspond
bien à la façon de peindre de Willem DE KOONING) . Ces formes entremêlées sont
encore plus visibles dans les dessins de
1932 .
On peut comparer cette œuvre composée à une sorte de rebus
ou sont concentrés une multitude d’allusions . Ne fait ‘il pas allusion à la
crise de sa vie personnelle et à
l’évolution dramatique qu’il ressent au
monde qui l’entoure ( les secousses de la crise de 1929, la montée du Nazisme
et de l’antisémitisme, l’Espagne qui est à l’aube de la guerre civile après
avoir susciter de grands espoirs) Dans sa vie personnelle, il fait sans doute
référence dans ce tableau à la grande
crise qu’il traverse Il est marié à OLGA
KOHKOVA et leurs relations se
dégradent, elle multiple les scènes de jalousie , espionne le peintre, le
harcèle , les crises se succèdent toujours plus violentes. C’est dans ce contexte
que PICASSO peint le « crucifixion de 1930 » Le
crucifié c’est PICASSO agressé de toutes part
Le petit personnage à droite du crucifié n’est t’il
pas un autoportrait de PICASSO dans la scène de crucifixion ou il se voit à la
place du crucifié . Nous verrons qu’à la même place dans le tableau « LEG WOMAN IN THE
LANDSCAPE » il y a un visage fantomatique dans le style des têtes grises
de GIACOMETTI , c’est l’esprit de DE KOONING qui se voit être dévoré dans son
cauchemar
Petit personnage Tête à la
GIACOMETTI
FIGURES 11 – extraits de
« CRUCFIXION » de 1930 et LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE
Pour Anne BALDASSARI , commissaire de l’exposition BACON-PICASSO en 2005, elle y voit une allusion qui est une allégorie racontant le sacrifice majeur du peintre par la peinture. Dans le tableau du 7 février 1930 on retrouve la figure à mâchoire en tenaille qui hantait la peinture de PICASSO dans ces années. Le christ sur la croix c’est le peintre. Il rassemble autour de lui , cloué à son chevalet de torture des figures qui s’adonnent à leurs activités privilégies de distorsion. La MADELEINE qui hurle la douleur de sa gueule dentée et ne fait plus qu’un avec le supplicié, tous deux mêlés en blanc sur blanc. La Fusion du peintre et de sa muse en un seul corps habillé de la couleur blanche virginale, celle du linceul aussi qui énonce ici la concordance symbolique d’avec le christ et MADELEINE. Les figures à machoires montent la garde de part et d’autre du couple nuptial. Elles portent témoignage et assistent dans une pose hiératique, au sacrifice du peintre. Autour d’elles les soldats vaquent à leur activité de mercenaire. Ils tirent au sort la tunique, ils clouent, donnent l’estocade et transpercent selon le rituels christiques et tauromachique Un charnier de corps en bas «évoquerait la mise à mort des deux larrons. Les objets de supplice , croix, lance, éponge , clous viennent s’interposer dans la symbolique de la crucifixion.
En 1932 PICASSO dédia à nouveau des dessins de crucifixion dont on trouve des
reproductions dans la revue " le
minotaure" de 1933 .Il se référent aussi au retable d’ISSENHEIM mais par rapport
à celui de 1930 les objets et les personnages sont maintenant délacées , comme
décomposés, les formes ainsi fragmentées, s’allongent s’emboîtent , s’articulent
et tout le calvaire devient une
architecture d’ossements
Dans certains
dessins la croix à disparu et les bras en croix sont signifiés par des branches
d’arbres, la montagne évoque le drapé de la vierge, les corps sont comme des
colonnettes sculptées de temple. Stylistiquement ces figures se référent non
seulement aux petites peintures empâtées des baigneuses mais aussi au 10
dessins en noir et blanc aux formes biomorphiques, arrondies de membres et
corps fragmentés publiés dans les cahiers d’art depuis 1929.
Nous verrons ici un rapport avec le tableau de DE
KOONING « LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE
dont la forme centrale correspond à un élément de fragmentation , de
décomposition du corps du tableau
emblématique de DE KOONING WOMAN 1 de
l’étape 1, il s’agit de la jambe droite (
FIGURE 10)
C1-2 – Dessin -PORTRAIT DE STRAVINSKY – PICASSO de
1938
Après ce qui a
été dit ci-dessus et ce qu’on connait de
PICASSO , je me suis posé la question sur le dessin inédit , portrait de STRAVINSKY de 1938 . Y aurait
t’il dans ce dessin de PICASSO, un lien quelconque avec le thème de la
crucifixion et les dessins de PICASSO
traitant de ce thème , Eh bien on peut dire très fermement oui ! au même
titre des dessins de la femme qui
pleure, allégories à DORA MARR ou la suppliante, et à PICASSO lui-même dans
l’homme qui pleure , ou du suppliant ( FIGURE 12) qui porte le tricot marin de PICASSO. C’est
cet homme bras levé éperdu de douleur qui crie bouche ouverte et langue
dressée, les massacres de la guerre d’Espagne et de Guernica , dessins que l’on
trouve dans la série préparatoire d’une
soixantaine de dessin pour GUERNICA , ils peuvent se rattacher au thème
de la crucifixion comme peintre supplicié . Ce thème est une armature magnifique auquel on peut
raccrocher toutes sortes de sensations et de sentiments
Il le
représente avec des traits de
Taureau ( FIGURE 13) (
visage gonflé ,cou de taureau, bouche aux lèvres épaisses, petits yeux de
taureau) il a la bouche ouverte comme un animal bléssé qui crie sa douleur et qui implore le ciel comme jésus qui
implore son père sur la croix.

FIGURES 13 -
PORTRAIT DE STRAVINSKY et TAUREAUX
En effet ce 16
novembre 1938 PICASSO et STRAVINKY
étaient dans la même loge N°8 pour assister à la première de la pièce de théâtre « LES PARENTS TERRIBLES «
au théâtre des Ambassadeurs sur les champs Elysées de leur ami
Jean COCTEAU ensuite il sont allé au restaurant « Au MARIGNAN »
à quelques mètres du théâtre et c’est là que PICASSO réalise ce portrait.
Il avait senti STRAVINSKY très préoccupé et dans un
état de malheur qui lui prenait toute son énergie. En effet sa femme et sa
fille très malades de la tuberculose allaient mourir quelques jours plus tard.
C’est donc dans cet état de très grande détresse qu’il fit le portrait de
STRAVINSKY . Il représente donc STRAVINSKY
et le symbolise dans le même état
que le crucifié sur la croix qui crie sa
douleur et implore DIEU.
Ce dessin on peut le voir aussi comme un autoportrait
de PICASSO qui se présente aussi comme un taureau blessé et il se met dans la
peau de STRAVINSKY dont il comprend ses états d’âme , il se substitue a
lui ( ses relations personnelles sont compliquées
avec DORA MAAR, OLGA et Marie Thérèse WALTER , le guerre d’Espagne le préoccupe
et il ressent plus que d’autres les prémices de la guerre mondiale) . Le
crucifié STRAVINSKY c’est aussi PICASSO crucifié. et cela semble d’autant plus
vrai qu’au bas du dessin il écrit STRAVINSKY
de la même manière que sa signature PICASSO
Écriture en diagonale et souligné de la même manière
en dessous du nom. ( FIGURE 14)
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FIGURE 14
C2- La CRUCIFIXION de WILLEM DE
KOONING et la peinture " LEG WOMAN IN THE
LANDSCAPE " de 1971
C2-1 - Crucifixion selon WILLEM DE KOONING
Toute sa vie DE KOONING a été fasciné par la crucifixion et
c’est un thème qui deviendra obsessionnel. Ce thème n’est pas toujours explicite dans ses titres ou dans ses compositions,
C’est au regardeur de le découvrir et de l’interpréter . Sur le thème
de la crucifixion par PICASSO et DE
KOONING ,SOLLERS écrit :" Plus rien à voir avec l’ostension
frontale proposée à la génuflexion ou à la méditation d’une collectivité :
il s’agit ici d’une expérience personnelle obligée d’inventer le code où elle
se déroule. C’est pourtant bien de crucifixion qu’il est question, pas d’autre
chose. Simplement, l’épreuve est réactivée, déplacée, les coordonnées ne sont
plus les mêmes, un autre vertige est à l’œuvre. On reprend le drame par
l’intérieur, et peu importe qu’une telle transgression paraisse un blasphème à
ceux qui ont pris une assurance sur la souffrance devenue cliché ou à ceux qui
ne peuvent pas voir (tradition ou timidité) un crucifix en peinture"
Un tableau comme « EASTER MONDAY » (
FIGURE 15)n’est pas un tableau mystique. DE KOONING croyait plus la terre que le paradis . Les
thèmes religieux entraient occasionnellement dans son œuvre, il avait depuis
longtemps une fascination pour la crucifixion mais un trop haut degré de la
religion le rendait anxieux . Pour ce peintre tactile , la reverie religieuse
semblaient intangible, illusoire et hors de contact Le langage pompeux des
peintres contemporains évoquant le mythe, la transcendance,, l’histoire lui
déplaisait .Le titre « ‘EASTER
MONDAY » signifie peut être que pour lui le Lundi de Pâques qui est un
jour férié , n’a pas plus de valeur que le jour de Pâques mais les titres des
œuvres de DE KOONING n’était pas sujet à des significations de la peinture .
EASTER MONDAY évoque un crime et plutôt
que de choisir un crime ordinaire le peintre choisi le plus grand crime dans la
chrétienté : la crucifixion.
FIGURE 15 – EASTER MONDAY ( DE
KOONING)
« EASTER MONDAY »,La verticalité de la peinture et les coups de pinceaux angulaires
géométriques évoquent la croix même si elle n’est pas décrite explicitement.
Les tons chairs et les violentes torsions du pinceau suggèrent
à la fois l’agonie physique convulsive et l’esprit transcendant du
Christ. Un coup de peinture rouge rappelle même la blessure de la lance dans le coté gauche du christ. Le
crime se transforme en joie par la résurrection. La palette est douce , les
roses, blancs , bleus légers comme habillé
par une tenue de Pâques . Cette résurrection est un sens personnel de
celle-ci de DE KOONING
Dans les années 40 ,De KOONING
s’est perdu dans le désespoir , il
réalisa un tableau en noir et blanc
appelé « BLACK FRIDAY »
( FIGURE 16) qui évoquait la crucifixion . A la moitié des années
5O il n’était pas resté figurativement crucifié. Il était ressuscité et DE
KOONING était devenu une sorte de divinité séculaire remplaçant PICASSO et MIRO
par son influence , devenu célèbre et admiré. C’était une libération après tant
d’années de lutte
FIGURE 16- BLACK FIDAY
Dans le tableau inédit « LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE »
( FIGURE 17) c’est aussi une
crucifixion qui ne se montre pas , qui est intériorisée et personnelle
comme BLACK FRIDAY et
EASTER MONDAY à la fois et qui
sera développée ci-dessous .
FIGURE 17- LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE
La symbolique , crucifixion du Christ en croix on le retrouve dans
plusieurs œuvres de Willem DE KOONING dans des dessins des années 60. La
plupart des personnages crucifiés sont des nus avec des organes génitaux
proéminents et des bras tendus. Les corps sont encadrés par des lignes de la
croix elle-mêmes, les visages sont des enchevêtrements de lignes et des traits caricaturaux avec un nez pointu et des yeux exorbités et désespérés. Pour Mr
KERTESS , « les hommes crucifiés
sont des autoportraits » ( FIGURE 18)
FIGURE 18- crucifixion
Dans un dessin de cette série de 1966, une figure se penche sur la
croix, les bras étendus , les genoux pliés, son bras gauche est séparé de son
corps par un passage d’effacement qui va jusqu’au haut de la croix. Un autre
dessin associé est orienté verticalement mais quand il est vu à l’horizontal,
le supplicié sur la croix change de position , il semble marcher et porter sa
croix . On retrouve bien là les dessins originaux de DE KOONING qui ont des
lectures différentes selon la position
verticale ou horizontale, dans un sens ou dans l’autre. ( FIGURE 19)

FIGURE 19- crucifixion 1966
On retrouve ce même dispositif dans le dessin qui se trouve au dos du
tableau inédit « LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE » Ce qui semble une calligraphie genre hiéroglyphe dans le sens du tableau mais qui en réalité est un enchevêtrement des deux noms D KOONING et KILGORE , se transforme
en dessin d’une femme , c’est KILGORE en
Marylin MONROE si on tourne le dessin dans un sens et se transforme en homme
dans l’autre sens c’est DE KOONING lui-même. Dans le dernier sens c’est un
oiseau qui apparait. ( FIGURES 20)
FIGURE 20- DOS DU TABLEAU « LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE »
D’autres dessins de 1966 adoptent une pose plus traditionnelle avec les
bras écartés vers l’extérieur et les pieds se chevauchant et cloués à la croix
. Susan BROKMAN qui vivait avec DE
KOONING à cette époque dans les années
60 a souligné l’intérêt porté au thème
de la crucifixion par DE KOONING devenu
dans ses œuvres plus un symbole qu’un
événement historique et religieux . Avec ce thème DE KOONING nous parle de
souffrance humaine à l’échelle universelle tout en abordant la souffrance
individuelle . Ainsi même s’il n’était pas sensible à l’aspect religieux de la
crucifixion, il la considérait comme une magnifique armature à laquelle
suspendre tous les types de sentiments
et de sensations
comme nous le verrons dans le tableau inédit « LEG WOMAN IN
THE LANDSCAPE »
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FIGURE 21
Pourquoi avoir dédicacé cette série à Emilie KILGORE , sujet
qui exprime la souffrance alors qu’il vient de rencontrer Emilie KILGORE et qu’il se sent rajeunir et
plein de vie. Ses lettres à Emilie
KILGORE sont enflammées par amour pour
Emilie, une étoile désormais brille dans sa vie. . Il écrit « Je t’aime ou que tu sois pour
toujours » « Tu es
avec moi tout le temps même quand tu
n’es pas avec moi » «
Je n’ai jamais eu une femme comme toi dans ma vie » ETC . La joie qu’elle apportait à WILLEM DE KOONING était sans contrepartie, elle ne demandait rien, pas d’argent, de toiles ou de mariage. Les toiles qu’il exécute en 1971
et 1972 sont rayonnantes de couleurs de mouvements et respirent la joie
et le bonheur à l’exemple de « FLOWERS MARY’S TABLE » «
AMITYVILLE » » WOMAN IN THE WATER »
FIGURE 22-
SCREAMS OF CHILDREN COME SEAGULLS – EAST HAMPTON GARDEN PARTY – FLOWERS
MARY’S TABLE
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Peut être la peur de perdre
Emilie KILGORE le tourmentait , son combat avec ses démons et ses addictions revenaient sans cesse et le
mettait parfois en dépression , la peur de mourir ou que son inspiration au travail se tarisse aurait amené DE KOONING a
réaliser ces dessins de Crucifixion . Là dessus De KOONING reste
discret
D’autre part il avait dit à
EMILIE qu’il lui dédicacerai tout ses travaux
par amour pour elle. Il existe d’autres œuvres avec dédicaces inscrites
pour EMILIE KILGORE comme le tableau
« East Hampton Garden party »ou il écrit « Happy birthday darling Emilie 1976 » ( FIGURE 22)
Comme évoqué ci-dessus, au dos du tableau « LEG WOMAN IN THE
LANDSCAPE » un dessin est un hymne à l’amour pour Emilie KILGORE et sera développé
ci dessous
C2-2 Tableau LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE et
CRUCIFIXION
C2-2-1 Descriptif de LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE
Comme il a été développé dans mes études précédentes sur ce
tableau LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE ( FIGURE
17) voici une signification de ce tableau et nous verrons ensuite son approche avec la crucifixion
« LEG WOMAN IN THE
LANDSCAPE » Ce tableau avec
une forme centrale de haut en bas en hauteur et qui fait le
tiers du tableau en surface , peut être qualifiée de
biomorphique , forme qui a une signification déterminée (jambe de WOMAN1
étude1) mais qui a été transformée en être vivant humain (autoportrait de DE
KOONING)
Cette forme est partie d’un
calque de la jambe droite de WOMAN1 ( étape1) ( FIGURE 8) qui s’étale de
haut en bas du tableau.
WOMAN 1
(étape ) 1 dont il ne reste plus que des photos prises par deux photographes, RUDY
BURKKARDT et WALTER AUERBACH . Ce calque a été retourné sur la
toile pour ne laisser que des traces du charbon de bois qui a servi de
contour dans le tableau. Cette forme de la jambe droite de WOMAN
1 (étape1) a été placée au centre du tableau et a été recouverte
de peinture rouge -orange- jaune -rose pour former une forme biomorphique,
écorchée, ensanglantée, animale dotée d’ yeux d’un bec et d’un corps sans
membres de poisson .Des taches de couleurs noires sont venues s’appliquer sur les
bord gauches pénétrant à l’intérieur de la forme biomorphique. L’équilibre
étant rompu, le peintre a élargi le coté droit laissant apparaître le charbon
de bois qui limitait ce coté de la forme. Il y a donc eu redimensionnement de
la forme déportée vers la droite tout en gardant les mêmes proportions et le
même équilibre ( FIGURE 23)
FIGURE 23
Cette jambe , le peintre lui donc a rajouté deux yeux et un bec
pour en faire une sorte d'animal comme De KONNING aimait a en faire
,des formes humaines ou animales, fruit de son imagination . L'idée de
transformer la jambe en animal à tête d'oiseau vient peut être de
EXCAVATION , où on peut remarquer cette même forme organique mais
vu sous un angle différent.
Cette forme biomorphique a la chair rouge orange avec quelques traces
de rose semble avoir été dépecée de sa peau , placée au centre de la
toile, entourée et attaquée de toute part par des animaux moins accueillants
et qu'on pourrait qualifier de monstres
En retrait en bas et à gauche un tête ressemble aux têtes des WOMEN des années 50 " WOMAN AND BICYCLE" ( FIGURES 24) avec un oeil vers le spectateur et un oeil vers la scène du tableau , cette tête WOMAN inquiétante semble être la meneuse de cette lutte contre la figure biomorphique rouge, on retrouve aussi cette même tête dans le tableau UNTITLED XXII de 1968 ou UNTITLED VI de 1976


TETE WOMAN
« LEG WAMAN IN THE LANDSCAPE)
TETE WOMAN AND BICYCLE
TETE UNTITLED XXII de 1968 , TETE UNTITLED VI de 1976
En bas du tableau des formes de
peinture jaune orangées s’enroulent autour des pieds de la forme biomorphiques ( FIGURE 25) , d’autres glissent et remplissent de vert
les bords droits incurvées de la forme biomorphique. Le reste du tableau semble
doté de coups de pinceau qui donnent des mouvements à gauche qui se concentrent
en direction de la forme biomorphique et à droite un mouvement de flux et de
reflux. ( FIGURE 26)
FIGURE 26_
La totalité de la surface en
dehors de la forme biomorphique est recouverte par ces mouvements de coups de
pinceaux serpentins, ondulés, qui se chevauchent, se superposent. Cette
surface, paysage de marais et mer est fait de rides, de boursouflures, de
cisaillement de pliures, de flou qui donnent de la vie au tableau mais dans un
aspect sombre, ténébreux de panique . Nous y trouvons disséminées dans cette
surface des têtes fantomatiques d’homme
( FIGURE 11) , de « WOMAN », ( (FIGURE 24) d’animaux ressemblants à des monstres
( FIGURE 27). L’épaisseur des peintures varient fortement d’un côté ou
d’un autre, cela va de la toile brute du tableau dont il ne reste que quelques
points noirs dont la peinture a été grattée, jusqu’aux surepaisseurs
rugueuses.
Si au premier regard ce tableau
semble quelque peu abstrait, en y regardant de plus près avec ce que nous
connaissons des peintures de DE KOONING , de son environnement
géographique en 1971, de ses anxiétés, de ses addictions , de ses terreurs et
de la venue d’une nouvelle muse dans sa vie, nous verrons que ce tableau est
d’un richesse picturale incroyable et qu’il grouille de vie mais
aussi de terreur et de mort .
FIGURE 27 - MONSTRES DES MARAIS DES
MERS
Dans ce tableau, le monde
visible, réaliste des marais, de la mer côtoie le monde imaginaire des
cauchemars de Willem De KOONING.
Ce tableau symbolise en images les cauchemars qu’il subi . Dans ses cauchemars qui sont toujours les mêmes il avait dit dans une interview à la journaliste BIBEB au sujet de ses
rêves,"J'ai fait des cauchemars pendant longtemps, un monstre
m'attaquait , un monstre énorme,.... je fais toujours ces rêves mais ce ne sont
plus des cauchemars , je sais que je finis par l'emporter.
Ce tableau reflète des émotions, des terreurs,
des agressions, des addictions ressenties dans sa vie de tous les jours . Ces
montres démoniaques de ses cauchemars
sont ses démons intérieurs , sa dépendance à l’alcool, ses doutes, ses
peurs dans la vie dont il n’arrive pas à se défaire
Dans LEG WOMAN IN THE
LANDSCAPE, la forme biomorphique au centre du tableau est abstraite,
elle ne correspond pas au réel tandis que l’arrière-plan est sur un fond
figuratif de marais et mer qui sont l’environnement de DE KOONING à LONG
ISLAND qu’il apprécie particulièrement mais ici,le paysage de marais et de mer en arrière plan est sombre de noir, de gris ,
de marron mélangés, superposés ou mis côte à côte mais reste malgré tout très lumineux grâce aux parties grattées jusqu’à la toile qui semblent projeter la lumière de
l’intérieur et grâce au bas de la toile fait de
jaune de vert clair et de orange dont les creux en bas de
la forme sinusoidale de l’être biomorphique à tête d’oiseau sont remplis des deux
cotés par de la couleur verte
,jaune, et marron à teintes claires.
Il avait entendu parler de la légende des monstres
des marais “ Les RUSALKES” Il faut savoir que DE KOONING avait la phobie des monstres ,
de l’eau et des bateaux. Il avait entendu cette légende qui concernait ces
marais de LONG ISLAND ,Ces RUSALKES, êtres mi-femmes, mi-poissons qui vivent
dans les marais et guette la nuit venue les voyageurs imprudents pour les
attaquer à mort, intégrer leur personne pour devenir à leur tour des RUSALKES.
C’est sans doute ces monstres qui apparaissent dans ses cauchemars. Les
monstres tout autour de la forme biomorphique
cherchent à la dévorer. Cette forme biomorphique c’est l’auto portrait de DE KOONING lui-même qui se fait dévorer
dans son cauchemar par les monstres des marais et de la mer mais dont l’issue
est heureuse.
Pour l’étude détaillée de ce tableau voir mon blog sur DE
KOONING et les libellés
-Etude complète du tableau « leg woman in the Landscape
- comparatif SOUTINE et LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE
C2-2-2 La crucifixion et LEG WOMAN IN THE
LANDSCAPE
Quand DE KOONING a réalisé ce tableau cauchemardesque, il pouvait avoir en tête
le thème de la crucifixion qui semble très bien se rattacher à ce tableau . En effet la
structure et la composition du tableau « LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE » s’adapte parfaitement aux peintures et
dessins crucifixion de PICASSO de 1930-1932-1938
Les dessins de crucifixion de PICASSO de 1932 sont formés d’objets, de personnages fragmentés, décomposés , entremêlés en formes
biomorphiques aux formes allongées arrondies
La forme biomorphique de LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE de DE KOONING
qui est le résultat de la fragmentation
du tableau préliminaire WOMAN
1 ( étape 1) dont on a extrait la jambe droite correspond à une de ces formes auquel on a rajouté des yeux et un bec ( FIGURE 10)
Le supplicié se trouve comme tous les dessins et
peintures de crucifixion au milieu du tableau . Dans le tableau
LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE le croix n’est pas visible mais le supplicié, la
forme biomorphique ( auto portrait de DE
KOONING) se trouve à la verticale en
suspension dans l’air. Le pied n’est pas cloué sur la croix mais enroulé autour
du corps d’un animal rampant qui l’empêche de bouger ( FIGURE 25) . la forme biomorphique n’ayant pas de bras, la croix devient inadéquate.
Comme les crucifixions
de PICASSO de février 193O et 1938 ,
A gauche du crucifié des formes monstrueuses cherchent à dévorer
le supplicié ( FIGURE 27)
A droite dans le
tableau « CRUCIFIXION » de 1930 de PICASSO un petit personnage jaune
aux gros yeux rouge pourrait être l’esprit de PICASSO qui se trouve dans le
tableau et qui regarde le crucifié comme étant lui-même ( autoportrait) (
FIGURE 11)
On retrouve la même chose dans le tableau inédit « LEG
WOMAN IN THE LANDSCAPE » A droite également un visage fantomatique qui
ressemble a une tête grise de GIACOMETTI
regarde la scène de dévoration sans pouvoir intervenir , c’est l’esprit
de DE KOONING dans son cauchemar qui voit dévorer la forme biomorphique ( son
autoportrait) par des monstres des
marais ( FIGURE 11 )
En bas à gauche ressort dans le noir une tête qui se confond
avec le noir du tableau ( FIGURE 24). Cette tête glaçante avec un
œil vers la forme biomorphique et un œil vers le regardeur semble vouloir
terroriser par le regard. Cette tête présente parmi les monstres semble
solidaire de ceux-ci . Elle ressemble aux têtes des « WOMAN » des
années 50 et particulièrement à la tête de « WOMAN WITH BICYCLE (
FIGURE 24) « avec le haut du
crane échancré et des yeux énormes, le nez en forme de V ( V renversé pour WOMAN with bicycle)
Dans le tableau crucifixion de 1930 de PICASSO, on remarque d’étranges personnages difficiles à identifier comme cette forme de « Mante Religieuse » ( FIGURE 28 )
CRUCIFIXION 1930 LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE
FIGURE 28
Autre allusion aux tableaux de «
CRUCIFICATIONS » et aux tableaux de PICASSO de 1930 En bas du centre du retable d’ISSENHEIM au niveau du support on trouve des femmes qui pleurent la mort du
christ . Dans le tableau de PICASSO de 1930 , c’est représenté par des
fragments de pieds, de jambes , de bras entremêlés . Il existe aussi une
allusion à ces femmes au pied du crucifié dans le tableau « LEG WOMAN IN
THE LANDSCAPE » c’est la fameuse chaussure à haut talon ( symbole féminin ) que l’on retrouve
dans un nombre incalculable de tableaux de DE KOONING ( FIGURE 29)
FIGURE 29
En bas de tableaux
Pieds dans CRUCIFIXION 1930 PICASSO chaussure haut talon LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE
Il existe également une ressemblance avec un tableau de CRUCIFXION
du peintre de le pré renaissance CIMABUE, tableau qui a été fortement endommagé lors d’une inondation à FLORENCE. On y voit
une sorte d’animal rampant, un vers ondulant se dirigeant
vers le bas de la croix. Au bas
de la forme biomorphique de « LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE » un animal
rampant ressemblant à un serpent s’enroule autour du pied pour l’empêcher de
bouger, de se sauver. ( FIGURE 30)
CIMABUE – crucifixion LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE( bas de tableau)
Toutes ces allusions aux tableaux de « CRUCIFIXION » retable d’ISSENHEIM, de CIMABUE et tableaux de PICASSO de 1927-1929-1930-1932-1938 ne laissent aucun doute quant au thème sous-entendu de « crucifixion » également du tableau LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE ou DE KOONING lui-même dans son cauchemar se transforme en forme biomorphique suppliciée comme le christ sur la croix qui souffre .
Dans ce tableau
« LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE » , un événement intervient comme une
résurrection , une transfiguration, c’est Emilie KILGORE qu’il vient de
rencontrer et qui change l’état d’esprit de DE KOONING . Ne se sentant plus le
crucifié du tableau , il abandonne le tableau incomplet , le traverse pour
se retrouver au dos du tableau dans un nouvel état d’esprit , le rose du dos du
tableau remplace le noir de la crucifixion . De la souffrance, de la peur, de
la terreur il passe subitement à la joie, à l’amour .Les deux noms
inscrits au dos D KOONING et KILGORE
sont entremelés et les deux portraits de
KILGORE en MARYLIN MONROE et de DE KOONING se font face à face. ( FIGURE 20)
Les tableaux qu’il fera par la suite « FLOWERS MARY’S
TABLE » SCREAMS OF CHILDREN COME
FROM SEAGULLS » EAST HAMPTON PARTY » sont lumineux, joyeux,
plein de vie . Sa rencontre avec Emilie
KILGORE a changé la teneur de ses peintures. ( FIGURE 22)
Ce tableau « LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE » peut donc
être considéré comme le tableau qui a
fait la transition entre les tableaux de
la fin des années 60 de 1966 à 1971 qui
expriment le doute, la peur, la terreur, les idées noires de la vie ( FIGURE
31)et les tableaux qui suivent « LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE » qui
respirent la gaîté, la joie, l’amour de la vie
par ses tableaux aux couleurs chatoyantes de vert , de bleu, de jaune ,
orange et rouges.( FIGURE 22)
FIGURE 31
THE MAN - UNTITLED 1970 – THE VISIT
Conclusion
Ces deux œuvres
inédites , l’une , dessin
du portrait de STRAVINSKY de 1938 par PICASSO et l’autre «
LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE » présumée de WILLEM DER KOONING nous montrent
que le thème de la « crucifixion » aussi bien chez PICASSO que chez DE KOONING est un thème récurrent
chez les deux artistes non pas pour le coté religieux de la chrétienté mais pour son aspect
universel que l’on soit croyant ou non , il exprime les douleurs, les
souffrances de la condition humaine , c’est l’archétype de la brutalité, du traitement infligé par
les hommes à d’autres hommes et plus individuellement les crucifixions expriment les souffrances des deux artistes
dans leur vie personnelle. Cette conception de la crucifixion donne aux deux artistes une forme
qui leur permettent de s’échapper
du contenu narratif pour se
concentrer sur une évocation
émotionnelle
Il y a aussi un rapport inattendu entre les deux œuvres , la « CRUXIFIXION » de 1930 de PICASSO et LEG WOMAN IN THE LANDSVAPE de 1971 , présumé de DE KOONING . c’était leur aspect inédit .
Pour le premier ayant
appartenu à la collection personnelle de
PICASSO , il n’aurait été montré qu’à deux reprises du vivant de l’artiste (
Peut être que DE KOONING l’aurait vu photographié dans une revue Française et
il s’en aurait inspiré pour ses crucifixion dont LEG WOMAN IN THE
LANDSCAPE » qui lui est resté inédit .
Ce tableau présumé de WILLEM DE KOONING « LEG WOMAN IN THE LANDCAPE » n’aurait
jamais été présenté et vendu par son marchand
ni photographié du vivant de
l’artiste . Peut être aurait t’il été vendu directement par DE KOONING lui-même
à ce
moment de transition ou il n’avait plus de marchand en 1971 , il avait quitté la galerie
KNOEDLER pour être repris par Xavier FOURCADE en 1971 date du tableau « LEG WOMAN IN
THE LANDSCAPE » C’est peut être
pendant cette période de latence sans marchand qu’il aurait vendu lui-même son
tableau
Autre possibilité , il aurait pu l’offrir à un ami comme il l'a fait à maintes reprises pour des connaissances, des amis ( Il a offert des tableaux à Emilie KILGORE, à son compagnon de traversée Leo COHAN etc)
enfin une autre option qui n’est pas à
négliger , on sait que DE KOONING
amenait de temps en temps des compagnons de bar
chez lui pour montrer son atelier,
il était alors souvent dans un état alcoolisé et certains à l’insu ou non du peintre
repartaient avec des tableaux sous le bras ( ceci est relaté dans le
livre de MARK STEVENS et ANNALYN SWAN,
« DE KOONING An American master »
Ci-dessous un représentation schématique des éléments communs dans les deux
tableaux « CRUCIFIXION « de
1930 et LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE
Entre les deux
tableaux
« CRUCIFIXION » de PICASSO
et « LEG WOMAN IN THE LANDSCAPE »
aux couleurs similaires de vert-jaune- rouge
1 Figures de monstres
3 Esprit du peintre dans le portrait
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